C’est une référence du Droit des Nou­velles Tech­nolo­gies et comp­tée aus­si par­mi les pio­nniers du Droit sur le com­merce élec­tron­ique en République Démoc­ra­tique du Con­go. Votre mag­a­zine est allé à la ren­con­tre d’Ashley Diang­ien­da ; une jeune femme aux allures pro­fes­sion­nelles et sci­en­tifiques très prometteuses.

Du choix à la formation

«Je suis licen­ciée en Droit Privé et judi­ci­aire de l’Université Protes­tante au Congo.

Le choix du Droit a tou­jours été une évi­dence pour moi. Je me sou­viens que déjà toute petite, je ressen­tais le besoin de com­pren­dre pourquoi j’avais le droit de faire telle chose et de ne pas en faire une autre. À cela, il faut ajouter l’envie de jus­tice qui m’a tou­jours ani­mé». Une  for­ma­tion faite de tout cœur en ´droit l’a per­mis de dévelop­per un esprit d’analyse et de syn­thèse, un raison­nement logique ain­si qu’une capac­ité à faire des recherch­es.  Ces trois fac­ultés qui for­ment par con­séquent le créneau de ses tâch­es pro­fes­sion­nelles quotidiennes.

Une vision pour la famille et la science

«Hormis une car­rière d’avocate spé­cial­isée en droit des nou­velles tech­nolo­gies, Je nour­ris le rêve de devenir Doc­teure en Droit car j’estime que dans notre Pays, la représen­ta­tion fémi­nine dans ce corps de méti­er reste faible. Lors de mon pas­sage à l’université, j’ai sou­vent enten­du des pro­pos qui dis­aient qu’une femme doit choisir entre sa vie de famille et les études doc­tor­ales. Je crois qu’il faut un change­ment de men­tal­ité et pouss­er les femmes à se lancer d’autant plus que dans notre Pays, nous avons des exem­ples comme Madame Marie Thérèse KENGE NGOMBA TSHILOMBAYI et Son Excel­lence Madame Nicole BWATHSIA NTUMBA qui sont toutes deux pro­fesseures de Droit dans dif­férentes uni­ver­sités et mères de famille».

De l’ambition pour un cadre nor­matif du «e‑commerce»

«Cet ouvrage aux ten­dances actuelles, traite de la notion de com­merce élec­tron­ique qui par déf­i­ni­tion, cor­re­spond à l’activité économique par laque­lle une per­son­ne pro­pose ou assure par dis­tance et par voie élec­tron­ique la four­ni­ture de biens ou ser­vices. Le mode élec­tron­ique de sa con­clu­sion lui pro­cure des car­ac­tères dématéri­al­isés, déper­son­nal­isé et poten­tielle­ment international.

Le droit con­go­lais ne dis­posant pas encore d’une lég­is­la­tion spé­ci­fique en la matière, ce livre se réfère au droit européen déjà avancé sur la ques­tion pour inter­roger l’application des règles de droit com­mun (droit civ­il, droit pénal, de la con­som­ma­tion, droit com­mer­cial et droit des affaires) au regard du com­merce élec­tron­ique. Tout au long des lignes, les autres auteurs et moi-même, nous posons la ques­tion de savoir si ces spé­ci­ficités inhérentes au com­merce en ligne imposent un droit con­go­lais nou­veau ou bien au con­traire, une sim­ple révi­sion des règles clas­siques que nous con­nais­sons. Aux ter­mes de notre étude, nous tirons la con­clu­sion que le numérique ne réin­vente pas le Droit, il néces­site sim­ple­ment une adap­ta­tion des règles clas­siques pour mieux répon­dre aux enjeux du marché élec­tron­ique. A côté de l’évolution des droits clas­siques, ce livre abor­de égale­ment les ques­tions inno­vantes qui émer­gent dans notre société tels que la blockchain, le smart con­trat, le bit­coin, etc».

Quel com­merce élec­tron­ique pour la  Rd Congo ?

«Je pense que le com­merce élec­tron­ique peut être un véri­ta­ble levi­er pour l’économie de notre Pays. En effet, ce dernier com­porte des nom­breux avan­tages pour les cyber­pro­fes­sion­nels en ce qu’il per­met de réduire les coûts d’exploitation, de des­tin­er l’offre des biens ou ser­vices à un pub­lic plus large à poten­tiel mon­di­al et de cibler sa clien­tèle par dif­férentes tech­niques innovantes,etc. Pour les con­som­ma­teurs, ce com­merce donne accès à une plu­ral­ités d’offre, rend rapi­de les trans­ac­tions et offre une trans­parence tar­i­faire à l’aide d’outils infor­ma­tiques de com­para­i­son des prix, etc.

Mal­heureuse­ment, notre pays ne dis­pose pas encore d’une lég­is­la­tion spé­ci­fique en matière de com­merce élec­tron­ique. Comme je l’ai dit plus haut, les par­tic­u­lar­ités de ce type de com­merce exi­gent la mise en place des règles spé­ciales en vue de pro­téger ces acteurs en général et les con­som­ma­teurs en par­ti­c­uli­er, con­tre les abus qui peu­vent se com­met­tre en ligne. Notons cepen­dant que la nou­velle loi sur les Télé­com­mu­ni­ca­tions et les Tech­nolo­gies de l’Information et de la Com­mu­ni­ca­tion de 2020 bien qu’elle n’aborde pas spé­ci­fique­ment les ques­tions rel­a­tives au com­merce élec­tron­ique, réprime néan­moins cer­tains abus qui se com­met­tent dans la pra­tique du com­merce élec­tron­ique.   Il sied égale­ment de savoir qu’actuellement, le pro­jet du code du Numérique est en exa­m­en au niveau du Gou­verne­ment. Le Livre IV de ce code organ­ise les règles applic­a­bles en matière d’e‑commerce. Nous atten­dons avec impa­tience qu’il puisse être trans­mis au Par­lement pour son adop­tion et par la suite, sa pro­mul­ga­tion au Jour­nal Offi­ciel».

Retenez que Ash­ley Diang­ien­da est pour le moment Con­seil­lère en charge des ques­tions admin­is­tra­tives et juridiques au Cab­i­net du Con­seiller Spé­cial du Chef de l’État en charge du Numérique mais aus­si secré­taire à la Fon­da­tion Joseph Diang­ien­da Kun­ti­ma qui œuvre pour la pro­mo­tion des arts et métiers.

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