Fon­da­trice de Bring Back Sis­ter­hood Drc, Anne-Emi­lie Yooto est une jeune femme con­go­laise qui milite, par le biais de sa struc­ture, pour une société dans laque­lle les femmes se sou­ti­en­nent. Est-ce une utopie? Ou pou­vons-nous croire en la pos­si­bil­ité d’une société où les femmes se ser­rent les coudes ? Elle nous dit tout dans cette interview.

Sarah BOPIMA : Qui est Anne-Emi­lie YOOTO ?

Anne – Emi­lie Yooto K. : Kasongo Yooto Anne-Emi­lie est une jeune femme de 32 ans qui évolue dans le secteur ban­caire depuis main­tenant 8 ans, presque 9. Anne-Emi­lie est une femme qui a beau­coup d’ambitions, qui est très attachée à sa famille, qui aime pass­er du temps avec ses amis. Elle aime lire, une pas­sion­née de musique, de films et bien évidem­ment qui craint Dieu.

SB : Par­lez-nous de votre parcours ?

Anne – Emi­lie Yooto : J’ai eu une sco­lar­ité nor­male dans une école de la place ici à Kin­shasa, je suis licen­ciée en ges­tion des affaires et je détiens un cer­ti­fi­cat en Man­age­ment de crise. Après mes études à l’étranger, je suis rev­enue en RDC et j’ai com­mencé à tra­vailler tout de suite, ce qui n’est pas le cas de plusieurs jeunes diplômés mal­heureuse­ment . Dans mon milieu pro­fes­sion­nel, j’ai eu l’expérience dans dif­férents ser­vices et départe­ments entre autres la com­mu­ni­ca­tion, le mar­ket­ing et j’ai lancé la Banque Assur­ance avant de ter­min­er dans ce que nous appel­lons dans le jar­gon des ban­quiers : au «  Pri­vate banking »

              “A mon hum­ble avis, il faut créer un envi­ron­nement où toutes les femmes se sen­tent en sécu­rité et accep­tées telles qu’elles sont et met­tre en place un sys­tème qui encour­age les femmes à s’entraider”. Anne-Emi­lie Yooto K.

SB : Vous êtes la fon­da­trice Bring Back Sis­ter­hood (BBS), une struc­ture qui a pour but d’aider les femmes à pren­dre con­science de leur poten­tiel. Quelle a été le leit­mo­tiv qui vous a poussé à créer BBS ?

Anne-Emi­lie Yooto K. : J’ai con­staté que les femmes étaient plus mis­es en avant en fonc­tion de ou encore du fait qu’elles soient mar­iées ou pas. C’était rarement pour ses accom­plisse­ments à elles-mêmes. Le bien-être extérieur comp­tait plus que le bien-être intérieur.  Mais aus­si la dis­tance entre les généra­tions. Les jeunes femmes ne prof­i­tent pas tou­jours des aînées et les aînées n’aident pas tou­jours les plus jeunes.

SB: « Les femmes ne se sou­ti­en­nent pas, les femmes se com­bat­tent » Avez-vous fait face à cette réal­ité un moment de votre vie ? Que faire pour éla­guer ce fléau dans notre société ?

Anne-Emi­lie Yooto K.: Quelques fois dans le passé oui, mais actuelle­ment, non car je veille à mon entourage direct. A mon hum­ble avis, il faut créer un envi­ron­nement où toutes les femmes se sen­tent en sécu­rité et accep­tées telles qu’elles sont et met­tre en place un sys­tème qui encour­age les femmes à s’entraider par exem­ple, pour notre cas au sein de BBS, à tra­vers nos ren­con­tres annuelles à thème, nous prônons le partage des expéri­ences et une con­ver­sa­tion ouverte sur les solu­tions à apporter lorsqu’une femme est ou se sent com­bat­tue par une autre.

Les gens vous trait­ent de la manière dont ils vous perçoivent, et la per­cep­tion vient de tout ce que vous pro­jeter de vous-même à tra­vers vos paroles et vos actions. Anne-Emi­lie Yooto K.

SB: « Où es ta place ? » c’est le thème retenu pour la prochaine édi­tion de BBS. Selon vous, quelle est la place de femme dans la société con­go­laise ? A‑t-elle per­du cette place ? Si oui, que dit-elle faire pour retrou­ver sa place ?

Anne-Emi­lie Yooto:  Le thème « où est ta place » doit être pris dans un sens plus pro­fond. La place ici que j’aimerais que chaque femme trou­ve à la fin de la con­férence c’est surtout vis-à-vis d’elle-même. Lorsque l’on trou­ve et décou­vre qui l’on est vrai­ment le reste vient tout seul y com­pris trou­ver sa place dans la société con­go­laise.  Entre le temps, depuis le jour  où j’ai créé BBS et main­tenant, il y a telle­ment d’évolution pos­i­tive . Des femmes se posi­tion­nent par leurs efforts, leurs accom­plisse­ments, il y a de plus en plus de mod­èles de per­sévérance, de résis­tance, de courage.  Trou­ver sa place dans la société ne vient qu’après. Les gens vous trait­ent de la manière dont ils vous perçoivent, et la per­cep­tion vient de tout ce que vous pro­jeter de vous-même à tra­vers vos paroles et vos actions.

SB:Que devons-nous atten­dre de cet événe­ment ? Quels sont les objec­tifs de vous vous êtes assignés pour cette édition ?

 Anne-Emi­lie  Yooto K. : On peut s’attendre à pass­er un agréable moment tout en prof­i­tant des expéri­ences des dif­férentes ora­tri­ces qui ont accep­té de venir échang­er avec nous sur leurs par­cours et surtout don­ner les ori­en­ta­tions qu’il faut pour qu’une femme soit en mesure de trou­ver sa place.

©Copy­rith : GOLADIES Magazine,décembre 2021

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