A 29 ans, Deborah se définit comme une épicurienne ayant de nombreux péchés mignons dont le fondant au chocolat. « Sur les Champs-Elysées, à Paris, il me faut ma tarte aux pommes et à Kinshasa, mon poulet braisé… » A ses yeux, elle est même une « flambeuse » 

 
 
« Je ne fais peut-être pas une taille 36, mais regardez ce que je suis capa­ble de faire avec mon 44 et mes 105 kilos… », lance d’emblée Deb­o­rah Mutund. A Kin­shasa, c’est la pre­mière fois que la Con­go Fash­ion Week a choisi comme égérie un man­nequin aux men­su­ra­tions XXL. On peut voir son vis­age « poupon », comme elle dit, sur tous les fly­ers et pan­neaux pub­lic­i­taires de cette huitième édi­tion. « En Afrique, la Con­go­laise est recon­nue pour ses ron­deurs. Cette année, je voulais célébr­er notre force d’être ronde, explique Marie-France Idikayi, fon­da­trice de l’événement. Moi aus­si j’ai des formes, et je suiv­ais sur Insta­gram les mes­sages d’encouragement de Deb­o­rah pour les per­son­nes fortes Elle est très sûre d’elle et stylée. J’aime son énergie. »
Cette éton­nante car­rière a com­mencé grâce à la chan­son « Los­ing You » de Solange Knowles. Nous sommes au Cap, en Afrique du Sud, en 2013. La jeune Con­go­laise est alors étu­di­ante en com­mu­ni­ca­tion à Var­si­ty Col­lege, une uni­ver­sité privée. Elle se promène avec sa sœur et son ex-petit copain au Old Bis­cuit Mill, un marché instal­lé dans une anci­enne bis­cui­terie du quarti­er de Wood­stock. Dans la foule, Deb­o­rah recon­naît Solange Knowles, la sœur de Bey­on­cé, chanteuse aus­si tal­entueuse que son aînée, et lui demande de faire une pho­to avec elle. « Solange pré­parait le tour­nage de son clip, avec sa mère et son garde du corps. En voy­ant mon ex-petit copain, elle lui a pro­posé de fig­ur­er dans la vidéo. Comme j’étais la grosse tchatcheuse du groupe, nous avons décidé que je serais l’agent de mode de ma sœur et de mon petit copain. »

 
 
 

 Notre message, c’est que nous sommes des “body activists”. La beauté, ce n’est pas seulement être grand, clair et mince. Pour nous, tous les corps sont beaux  @DeborahMutund

 

Son poids ? Elle dit ne pas s’en souci­er plus que ça : « Cette car­rière, c’est de toute façon vingt non pour un oui. Etre man­nequin, c’est un peu comme être du bétail. Pen­dant les cast­ings, on a un numéro. Tu y vas comme un pris­on­nier et tu tiens ta petite carte avec ton numéro. Tu es un objet… » Tout en pré­cisant avec humour : « Etre grosse, c’est déjà un vrai méti­er ! L’année dernière, j’ai per­du 15 kilos et cer­tains clients ne voulaient plus de moi. Ils me trou­vaient trop mince… »
En République démoc­ra­tique du Con­go, peu de gens con­nais­saient sa vie de man­nequin en Afrique du Sud… jusqu’à ce qu’elle devi­enne l’égérie de la Con­go Fash­ion Week : « Dans mon pays d’origine, je cachais mon statut. Je trou­vais que les men­tal­ités con­go­lais­es étaient en retard… » Pour­tant, la RDC, pre­mier pays fran­coph­o­ne au monde avec ses près de 100 mil­lions d’habitants, est égale­ment un pays obsédé par la mode, con­nu pour être le berceau de la sape.
 
 

 

Etre mannequin grande taille m’a appris que mes ennemis n’étaient pas mes limites ou mes défauts, mais la vision que j’avais de moi-même, raconte-t-elle aujourd’hui. @DeborahMutund

 

Cette année, la jeune femme a car­ré­ment prof­ité de l’événement pour présen­ter, pour la pre­mière fois, sa pro­pre mar­que, Deb­o­rah. Bap­tisée « Déchaînée », sa col­lec­tion regroupe 17 tenues aux couleurs vives, qui vont du 38 au 50. Pour le défilé, Deb­o­rah a choisi d’autres man­nequins hors gabar­it pour for­mer son « curvy squad » (son équipe XXL). « Notre mes­sage, c’est que nous sommes des “body activists”. La beauté, ce n’est pas seule­ment être grand, clair et mince. Pour nous, tous les corps sont beaux », dit celle qui, avant de décrocher son tra­vail, pas­sait énor­mé­ment de temps à se priv­er, à manger de la soupe et à aller au sport.

« Je ne fais peut-être pas une taille 36, mais regardez ce que je suis capa­ble de faire avec mon 44 et mes 105 kilos… », lance d’emblée Deb­o­rah Mutund. A Kin­shasa, c’est la pre­mière fois que la Con­go Fash­ion Week a choisi comme égérie un man­nequin aux men­su­ra­tions XXL. On peut voir son vis­age « poupon », comme elle dit, sur tous les fly­ers et pan­neaux pub­lic­i­taires de cette huitième édi­tion. « En Afrique, la Con­go­laise est recon­nue pour ses ron­deurs. Cette année, je voulais célébr­er notre force d’être ronde, explique Marie-France Idikayi, fon­da­trice de l’événement. Moi aus­si j’ai des formes, et je suiv­ais sur Insta­gram les mes­sages d’encouragement de Deb­o­rah pour les per­son­nes fortes Elle est très sûre d’elle et stylée. J’aime son énergie. »
 

 

 

En République démoc­ra­tique du Con­go, peu de gens con­nais­saient sa vie de man­nequin en Afrique du Sud… jusqu’à ce qu’elle devi­enne l’égérie de la Con­go Fash­ion Week : « Dans mon pays d’origine, je cachais mon statut. Je trou­vais que les men­tal­ités con­go­lais­es étaient en retard… » Pour­tant, la RDC, pre­mier pays fran­coph­o­ne au monde avec ses près de 100 mil­lions d’habitants, est égale­ment un pays obsédé par la mode, con­nu pour être le berceau de la sape. @DeborahMutund

 

Cette année, la jeune femme a car­ré­ment prof­ité de l’événement pour présen­ter, pour la pre­mière fois, sa pro­pre mar­que, Deb­o­rah. Bap­tisée « Déchaînée », sa col­lec­tion regroupe 17 tenues aux couleurs vives, qui vont du 38 au 50. Pour le défilé, Deb­o­rah a choisi d’autres man­nequins hors gabar­it pour for­mer son « curvy squad » (son équipe XXL). « Notre mes­sage, c’est que nous sommes des “body activists”. La beauté, ce n’est pas seule­ment être grand, clair et mince. Pour nous, tous les corps sont beaux », dit celle qui, avant de décrocher son tra­vail, pas­sait énor­mé­ment de temps à se priv­er, à manger de la soupe et à aller au sport.

Mal­gré ses mul­ti­ples activ­ités, la jeune femme reste attachée à son univers famil­ial. Dix­ième d’une famille de douze enfants, elle compte par­mi ses neuf sœurs, une experte-compt­able, une avo­cate, une archi­tecte d’intérieur et la chanteuse Bar­bara Kanam. Avec deux d’entre elles, Manuel­la et Josepha, elle a ouvert le salon de beauté Josepha dans le quarti­er de Ngaliema. Après la Fash­ion Week, elle prévoit de créer sa pro­pre agence de man­nequinat. Pas évi­dent. « En Afrique du Sud, les mœurs sont plus occi­den­tales. On fait des pho­tos en lin­gerie, on se sent libre. A Kin­shasa, ça choque encore. On asso­cie ça aux filles légères. »

« Aza na nzo­to loko­la gui­tare », dis­ent les hommes en lin­gala quand ils voient pass­er une femme comme Deb­o­rah, et c’est un com­pli­ment. Traduisez : « Elle a un corps comme une gui­tare. » A voir son énergie déployée pour cass­er les stéréo­types, on se dit que Paris, cap­i­tale mon­di­ale de la mode, ferait bien de se met­tre au dia­pa­son de Kin­shasa et… à la guitare.

 source :https://www.nouvelobs.com/mode/20191109.OBS20908/deborah-mutund-mannequin-et-activiste-xxl.html
DEO

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