Congo Na Paris : Charlotte Kalala révèle les retombées chiffrées de la 5ème édition «Tonga Mboka»

Organisée du 16 au 17 avril 2022 à Paris, en France, la 5ème édition de l’événement « Tonga Mboka » de la plateforme «Congo na Paris» a connu un véritable succès et enregistré des résultats très prometteurs pour les économies de la République Démocratique du Congo (Congo Kinshasa) et de la République du Congo (Congo Brazzaville). Approchée par Go Ladies Magazine, pendant son séjour à Kinshasa juste après l’événement, Charlotte Kalala, Fondatrice et Présidente de la plateforme « Congo na Paris », a révélé exclusivement à votre média les retombées chiffrées de cette 5ème édition dont les voici : une base de  données  shiftée à  8.700 personnes qualifiées ; plus de 4.300 personnes participantes à cette édition ; plus de 54 exposants au rendez-vous et contactés par de nombreuses entreprises pour leurs produits/services ; ainsi qu’une trentaine d’intervenants congolais et étrangers lors des tables-rondes et des ateliers.

CI-DESSOUS L’INTÉGRALITÉ DE L’INTERVIEW

Qui est Charlotte Kalala ?

Charlotte Kalala, c’est moi-même. Je suis une jeune femme, maman, Directrice Communication et RSE pays de la Société SK Global Investment Congo. A côté de cela, je suis la Fondatrice et la Présidente de la plateforme « Congo na Paris ». Je suis aussi actuellement à la tête de deux entreprises.

« Congo na Paris » est une plateforme que vous avez créée avec pour but d’unir les deux Congo (RDC et Congo-Brazzaville). Pourquoi vous être assignée cette mission ?

« Congo na Paris » a la volonté de mettre en avant le Congo qui gagne, le Congo fort, le Congo résilient. Quand on parle de résilience, on parle justement de cette relation avec le Congo-Brazzaville.

Il y avait beaucoup de divisions et il y en a beaucoup entre nos deux Congo, et nous avons cette volonté de les unir et de montrer le meilleur des deux Congo. C’est bien de vouloir investir en Afrique, de se développer et de faire pas mal de choses en Afrique.

Mais si on ne sait pas commencer à travailler, à collaborer, à aimer le pays qui est voisin, le plus proche et qui nous ressemble le plus, ça va être très difficile.

Donc c’est vraiment ça. C’était de cesser cette guerre qu’il y avait entre les deux Congo et d’être la génération qui va créer plutôt des ponts que des gaps.

Quelles sont ces divisions que vous mentionnez entre les deux Congo ?

Depuis la nuit des temps, il existe des divisions qu’on entend dans tous les couloirs qui disent que « les Congolais sont ceux-ci… », « les Congolais sont ceux-là… ».

Moi je ne veux pas promouvoir tout ce qu’il y a de négatif bien que ce soit réel. Il y a vraiment des divisions entre les Congolais de Brazzaville et les Congolais de Kinshasa. Cette division se fait d’un point de vue économique parce que certains ne veulent pas travailler avec des Congolais de Brazzaville ou des Congolais de Kinshasa pour des raisons qui sont futiles.

Qu’elles soient liées aux femmes, à la culture, à des antécédents préhistoriques qui n’ont plus lieu d’être aujourd’hui. En fait, il n’y a pas de réelles raisons pour que les Congo soient divisés.

Mais on a pu subir, il y a quelques années, la volonté de refouler les étrangers de Brazzaville dont de nombreux Congolais de Kinshasa. Ça ne s’était pas très bien passé. Ça avait soulevé des amertumes, des rancœurs d’où justement ce problème de divisions.

Nous, en ce moment là, nous nous sommes dit que nous ne devrions pas faire partie de ceux qui communiquent et véhiculent cette division. Mais plutôt ceux qui parlent d’unité.

Existe-t-il des atouts, des ressources qui unissent les deux Congo sur le plan économique ?

Déjà, les deux pays s’appellent « Congo ». Dès ce moment-là, j’ai envie de dire qu’on devrait juste être un seul pays. Seulement, l’histoire ne l’a pas rendue possible.

Mais bien sûr qu’il y a des atouts économiques. Les commerçants, les entreprises ici (Kinshasa) ont la capacité d’étendre leurs activités au Congo Brazzaville (c’est la porte d’à-côté). Et vice-versa. Ils (Brazzavillois) ont la capacité d’augmenter leur base de données, leur clientèle en venant ici (Kinshasa). Sur le plan économique, ce sont quelques bonnes opportunités.

Du point de vue touristique, le Congo Brazzaville possède des beaux endroits non exploités que la diaspora et les Congolais de Kinshasa peuvent visiter.

Nous avons des frontières qui sont très floues et font qu’il y ait des échanges économiques, culturels et sociaux qui peuvent se faire et se font déjà. Les familles sont mélangées de façon démographique, les gens font des enfants entre eux.

Donc, on ne peut pas parler de division parce qu’on est très lié. Les opportunités et les relations sont très présentes. On a quoi, c’est un fleuve qui nous sépare ? Ou même une rivière ? Puisqu’à certains endroits, il n’y a vraiment rien qui nous sépare.

Où se trouve le siège de la plateforme « Congo na Paris » ?

À Paris (France).

Pourquoi ce choix de lieu du siège tandis que vous ciblez les deux Congo ? Pourquoi avoir élu le siège de votre plateforme sur une terre européenne ?

Initialement, le projet était de montrer le meilleur du Congo à la diaspora et au Congo. Moi je suis à Kinshasa depuis septembre 2021, j’ai grandi au Congo, et on a vraiment cette volonté de montrer un autre regard du Congo à la diaspora et aux étrangers.

Le siège est à Paris parce qu’on veut être ce pont, cette plateforme qui connecte la diaspora et le Congo, les étrangers et le Congo. Lorsque quelqu’un veut obtenir des informations concrètes et une meilleure image sur les réalités, le climat des affaires, les opportunités palpables, la culture, les espaces touristiques, les hôtels, etc., il aura la possibilité d’avoir une plateforme en Europe qui lui fournira tout ce qu’il faut.

Ici au Continent, faites-vous aussi le pont entre les Congolais de Brazzaville et les Congolais de Kinshasa ?

Alors non. Ici au Congo, on ne le fait pas. On a décidé d’être axé entre le Congo et la diaspora congolaise. Entre les deux Congo, ce n’est pas ce sur quoi on vise. Peut-être qu’à l’avenir on le fera. Le terrain est tellement vaste que nous progressons et nous avançons.

Vous venez d’organiser la 5ème édition de l’événement dit « Tonga Mboka », tenue du 16 au 17 avril 2022 à Paris. Quelles sont les retombées de cette édition et son impact sur les deux Congo ?

Une vue des participants à la 5ème édition

Les retombées importantes sont d’abord médiatiques. Notre événement a été largement diffusé et notre vision largement partagée. C’est une évolution aussi pour nous, parce que nous avons eu d’autres partenaires médias, des sponsors. Ce qui fait qu’en termes de crédibilité, nous avons évolué.

Nous avons maintenant beaucoup plus d’entreprises qui nous font confiance, beaucoup plus d’entrepreneurs qui recourent à nos services maintenant même en dehors du Salon (5ème édition).

Aussi, les retombées sont aussi pour les exposants présents qui ont réussi à augmenter leur carnet des prospects. Mais ce ne sont même plus des prospects, aujourd’hui ce sont carrément des potentiels clients.

Il y a encore des exposants qui nous disent qu’ils gèrent encore les retombées du Salon, que ce soit dans l’immobilier, les assurances ou les banques. La diaspora avait réellement besoin d’avoir des interlocuteurs crédibles et des réponses concrètes pour se lancer.

On a vu qu’il y avait un réel désir des personnes qui souhaitaient rentrer, découvrir et visiter. Et le Salon leur a permis d’avoir cette réponse.

Nous avons aussi des personnes qui réservent déjà leurs billets, construisent des projets à certifier et ils vont vraiment se lancer.

C’est déjà quelque chose de positif parce que nous donnons aux gens l’envie de rentrer, d’investir, de découvrir le Congo. On leur donne des réponses, des moyens en termes d’informations et de réseau.

Il y a bien évidemment des retombées en termes de chiffres (personnes). Nous avons désormais une base de données encore plus grande et plus importante des personnes qui souhaitent rentrer et découvrir le Congo.

Notre base de données est de 8.700 personnes qualifiées à qui on peut proposer des services et donner des informations sur le Congo. Libre à eux de saisir les opportunités ou pas.

Au niveau des retombées, nous sommes très satisfaits de cette 5ème édition. C’est plus de 4.300 personnes qui étaient présentes, plus de 54 exposants au rendez-vous et une trentaine d’intervenants.

Nous sommes très satisfaits en tout cas. Cela nous permet aussi de projeter une édition ici à Kinshasa.

A Kinshasa pour la 6ème édition ?

Non. Ce sera une première édition à Kinshasa. Ce sera toujours sous la houlette de Congo na Paris, et sous les couleurs de Tonga Mboka.

C’est prévu pour quand ?

A la fin de cette année 2022.

Revenons-en à la 5ème édition. Quels étaient les sujets des tables rondes et ateliers organisés ?

Les sujets abordés étaient « Investir dans l’immobilier ». Également des banques qui donnaient toutes les informations sur les financements des projets quand on est diaspora et qu’on a envie de rentrer ; ainsi que sur le NFT, la crypto etc.

Nous avions aussi des tables rondes sur « l’apport de la diaspora dans le développement économique et social de la RDC et du Congo en général », sur « l’engagement citoyen de la diaspora ». Précisément ici, nous avons débattu s’il fallait s’impliquer au Congo ou on peut aussi s’investir en France pour contribuer au développement du Congo.

C’était très intéressant parce que nous avons eu l’intervention d’un Maghrébin qui expliquait comment ça se passait dans leur communauté.

Nous avons eu des tables rondes sur « la transformation numérique », sur « comment renforcer le pouvoir économique des femmes », sur « la culture », et évidemment sur « les enjeux climatiques du bassin du Congo ».

Nous avons eu des tables rondes et beaucoup d’ateliers sur « le Soft Power » comme levier de développement. Sur « les assurances », sur « le retour au pays » en donnant des informations sur comment « avoir un emploi, se loger etc. ».

Parlons maintenant du sujet buzz des influenceuses à Dubaï porta potty. Quel est votre avis sur ce phénomène ?

Charlotte Kalala, aussi Directrice de Publication de «Congo na Paris Magazine»

Aujourd’hui c’est un buzz, mais c’est quelque chose qui existe depuis un moment. Moi je trouve que c’est triste parce que c’est la pauvreté qui pousse certaines femmes à mettre leur dignité de côté à ce point.

Mais ce sont aussi les réseaux sociaux qui sont devenus de plus en plus dangereux. Ils suscitent l’envie, des émotions et des sentiments qui ne sont pas bon pour un être humain. On a envie de plus montrer et on est prêt à tout pour arriver à ce niveau.

Je trouve que c’est dommage aussi parce que ça affecte les femmes qui se battent, qui décident de faire le choix du travail, de gagner leur argent à la sueur de leur front. Du coup elles sont cataloguées et mises dans la même casquette.

Et tout de suite quand tu vois une femme avec une belle voiture ou quelque chose comme ça, la première réaction ne sera pas « Ah, elle a travaillé pour avoir ça » mais plutôt « Il y a un homme derrière. Peut-être qu’elle est allée à Dubaï ».

Depuis la nuit des temps ça se fait comme ça. Mais ce scandale vient encore le révéler au grand jour par les difficultés du moment.

Mais aussi, je ne suis pas sûre que ce buzz va empêcher les femmes de continuer. Je pense même que ça va pousser d’autres femmes à y aller. La misère est tellement grande que ça a donné aux gens le filon de se dire : « Pour avoir 50.000 ou 100.000 $, moi qui ne gagnais même pas 10 $ par mois, je vais mettre un peu de make-up, serrer un peu ma poitrine, mettre une petite jupe, poster 2 ou 3 trois photos sur les réseaux sociaux, et je vais me taper un petit gars de Dubaï qui va changer ma vie ».

Moi je suis très croyante, et je sais que quand on fait ces choses, ce n’est pas sans conséquence aussi bien spirituelle que morale et psychologique. Dernièrement, une influenceuse s’est même suicidée.

Je trouve que dans la vie, l’argent c’est bien mais se situer c’est mieux. Il faut savoir être fière de se dire que j’ai commencé à A et je suis à Z.

Est-ce à dire que le métier des influenceurs est menacé par ce buzz ?

Déjà c’est un nouveau métier qui a toujours été menacé à cause de sa définition complexe. Qui est réellement influenceur ? Ça dépend de tellement de choses.

Aujourd’hui l’influenceur ne dépend plus des valeurs, ni de la morale, mais c’est une question des followers. Une personne qui a aujourd’hui 1 million de followers est un influenceur peu importe si elle se dénude ou parle d’armes sur les réseaux sociaux.

Il y a une différence entre une personne publique qui va influencer les gens sur quelque chose, et cet influenceur qui va promouvoir tel produit ou service.

La définition d’influenceur est complexe et large que dire que cet événement va menacer ce métier, je ne pense pas. Ça peut mettre en mal les femmes, mais pas le métier des influenceurs.

Pour finir, vous êtes mère d’un enfant et à la fois vous êtes très engagée dans le monde professionnel. Comment faites-vous pour équilibrer entre vos responsabilités professionnelles et vos responsabilités familiales (personnelles) ?

Je pense que c’est de l’organisation et puis c’est de la volonté. C’est très difficile de lier les deux (vie professionnelle et vie familiale), parce qu’on dit souvent que quand on fait plusieurs choses à la fois, il y a forcément quelque chose qu’on néglige.

Mais je me dis qu’il faut bien faire chaque chose qu’on fait, être à 100 % dans chaque chose. Beaucoup des gens disent que ce n’est pas possible d’être à 100% dans les affaires et à 100% au foyer, moi je pense que c’est possible et il faut beaucoup de dialogue et être présent.

Être présent ce n’est pas que physiquement. C’est aussi verbalement, financièrement, psychologiquement. La personne doit savoir qu’on est là, qu’elle peut compter sur nous peu importe où on est et ce qu’on fait.

Il faut organiser son temps et chaque chose à son temps. Il y a un temps pour travailler, se reposer et pour sa famille. Une fois qu’on respecte le temps de chacun, personne ne peut se plaindre.

Un mot de la fin ?

Je pense que comme le dit le nom du Magazine « Go Ladies », j’encourage les femmes à aller en affaires, à ne pas se donner des limites. Rien n’est impossible quand on se donne les moyens de le faire, qu’on croit en soi, qu’on a la foi. Il n’y a aucune barrière qui n’est insurmontable, qu’on ne peut pas déplacer.

Il faut juste s’entourer de bonnes personnes, augmenter sa connaissance – son information, aller vers les informations et ne pas attendre qu’elles viennent.

C’est ensuite que les opportunités se placent sur notre chemin. Parfois elles se placent sur notre chemin, parfois il faudra aller les chercher. Il ne faut pas avoir honte de demander de l’aide parce qu’on ne peut pas faire des choses seule. Et donc aux femmes, « Go Ladies ».

(Propos recueillis par John Ngoyi)

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